15 janvier 2007
Long figement
Alors que tout le monde court à grandes enjambées vers l'année 2007 qui semble bigrement sans surprise (catastrophes en tout genre, politiques, climatiques, psychopathiques et barbituriques associés - dépot de bilan annoncé), je retiens sur la pointe des pieds, entre deux doigts, un coin de nappe de noël, parce que, cette année, c'était bien, chaud, lumineux et tendre, et j'ai savouré. Le sapin était à la même place, les paquets aussi, le parquet grinçait au même endroit, il restait, de l'année d'avant, des feuilles dorées à poser sur la table, et dans le grand sac, les décors à l'identique. Alors j'ai repris mon souffle, pour les mois à venir, parce que dans ce long figement orange prend racine l'énergie qui me fait me mouvoir.
09 janvier 2007
L'ange fracassé réclame sa veuve
C'est dans la voiture que ça me prend. Vous n'avez jamais pensé que l'habitacle était propice aux divagations ? En tout cas, chez moi, ça fonctionne ainsi. C'était ce matin, mais je ne sais plus à quel moment précis. Je revenais de la gare je crois. A un moment, après le béton a surgi un arbre, ou un nuage, enfin, juste la beauté en éclat ou alors, simplement, le ciel avait une couleur grise mais émue, peu importe vraiment, et j'ai senti brutalement combien tout CA (alors ce qu'on cache derrière le démonstratif, la vie, l'amour, la couleur du ciel..) était fragile, fracassable dans l'instant. J'ai dû retenir mon souffle pour que cette sensation dure un peu. Et tout autour est devenu subitement complice.
Il faut lire ce livre merveilleux de Séda : l'ange fracassé réclame sa veuve, elle l'écrit bien mieux que moi !
05 janvier 2007
Le sexe des anges
Tout à l'heure, fugitivement, j'ai penché la tête sans pouvoir, comme Souchon, voir sous les jupes de l'ange. Il claironnait, faisait le fier. Alors j'ai laissé filer...et je n'en sais pas plus. Mon jardin abrite des inconnues ! Allons, il est temps de remiser les anges au grenier pour les moments cruciaux. Ils s'en foutent, de toute façon ils veillent.
04 janvier 2007
Lutins, elfes et farfadets
Saviez-vous que ces derniers, que l'on croise de temps à autre dans les campagnes, pour peu qu'on ait le coeur à larges bords, aiment, les soirs de grande révolution (ou de grande dévoration) - par exemple lorsqu'une année, ne pouvant déborder à son aise sur sa consoeur finit dans la gueule du loup de l'autre - aiment, je disais, à s'égayer dans les rues des grandes métropoles. Celui-là, au regard de faune, a coloré la nuit magique de sa face de lune rousse et grâce à lui, entre autre, nous sommes nous aussi passés de l'autre côté de l'année, sans encombre et a capella. Qu'il (et sa lutine avec - sans jeu de mot) en soit remercié ! Champagne !
ps : si vous arrivez à lire tout ça à voix haute sans respirer, bravo. Il devait me rester quelques bulles dans les doigts...
L'arbre-guirlande
Il y avait l'arbre-sans-fin de Claude Ponti (dont je vous reparlerai un jour), et dans mon jardin, ce matin-là (encore en 2006) j'ai trouvé l'arbre-guirlande pour illuminer le givre et ma journée. Il faisait tôt, il était froid dehors et confusément les guirlandes diffusaient un halo magique, on aurait dit des cheveux fins de sorcière, emmêlés un soir de réveillon. Ces matins où la nature est crispée de blanc, j'aime me tenir dans la véranda, inhaler le froid. C'était l'hiver hier.